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Source :
Agence pour la création d'entreprises
Date de mise à jour : 24/11/2010
Un salarié peut créer une entreprise tout en restant salarié d'une autre entreprise dès l'instant où l'entreprise créée ne concurrence pas
celle de son employeur. En effet, tout salarié est tenu à une obligation de loyauté
vis à vis de son employeur, s'accompagnant d'une obligation de fidélité, de discrétion, de réserve et de non concurrence !
Cette bi-activité est même encouragée par les pouvoirs publics ! En effet plusieurs mesures visent à faciliter le passage à l'acte des salariés et à diminuer les coûts :
- inopposabilité pendant un an de la clause d'exclusivité pouvant figurer dans leur contrat de travail,
- temps partiel pour création d'entreprise,
- éxonération de charges sociales pendant un an.
Ces deux clauses, susceptibles de figurer dans un contrat de travail, ne doivent pas être confondues.
La clause d'exclusivité
interdit au salarié d'exercer une autre activité professionnelle, salariée ou indépendante, pendant
toute la durée d'exécution de son contrat de travail.
Cette clause, pour être valable doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise et justifiée par la nature de ses fonctions.
Cependant, il est bon de savoir que la loi pour l'initiative économique de 2003 l'a rendue inapplicable pendant un délai d'un an en cas de création d'entreprise. En savoir plus
Cette mesure d'inopposabilité s'applique également au salarié bénéficiant d'un congé ou d'un temps partiel pour création d'entreprise. Dans ce cas, elle est valable jusqu'au terme du congé ou du temps partiel, soit 2 ans maximum en cas de renouvellement de cette période de disponibilité.
La clause de non-concurrence
, quant à elle produit ses effets après
la rupture du contrat de travail. Elle interdit au salarié d'exercer une activité concurrente, salariée ou non, portant atteinte aux intérêts de son ancien employeur.
Pour être valable, cette clause doit respecter plusieurs critères :
- elle doit être justifiée par l'intérêt de l'employeur,
- elle ne saurait avoir pour conséquence d'empêcher le salarié d'exercer une activité professionnelle conforme à sa formation et à ses connaissances. Elle doit donc, selon l'activité exercée, être limitée dans le temps et dans l'espace,
- elle doit enfin obligatoirement comporter une contrepartie financière.
Un salarié peut avoir besoin de temps pour préparer son projet dans de bonnes conditions. Il peut naturellement songer à démissionner ou à demander un congé sabbatique... mais il existe des dispositifs adaptés pour un porteur de projet : le congé ou le temps partiel pour création d'entreprise !
Le premier lui permet d'avoir une disponibilité totale pour se consacrer à son projet; le second lui permet de réduire son temps de travail, et donc de conserver une partie de sa rémunération tout en construisant parallèlement son projet d'entreprise.
En savoir plus sur ces dispositifs
Les revenus afférents aux 2 activités sont déclarés dans la catégorie qui leur est propre :
pour les salaires : dans la catégorie des "Traitements et salaires" (TS),
pour les revenus tirés d'une activité professionnelle indépendante : dans la catégorie des "Bénéfices industriels ou commerciaux" (BIC) ou des "Bénéfices non commerciaux" (BNC) en fonction de l'activité exercée.
Principe
Le salarié-créateur cotise :
- d'une part, sur ses revenus de salarié, auprès du régime général de la sécurité sociale,
- d'autre part, sur ses revenus d'entrepreneur auprès du régime des non salariés (TNS) ou du régime général de la sécurité sociale en fonction du statut choisi.
Le droit aux prestations lui est ouvert dans le régime dont relève son activité principale.
En savoir plus sur les incidences sociales et fiscales du cumul d'activités
Exonération de cotisations sociales la 1ère année
Le salarié qui créé ou reprend une entreprise peut bénéficier d'une exonération de charges sociales au titre de son activité indépendante. Pour cela, il doit :
- avoir effectué au moins 910 heures
d'activité salariée au cours des douze mois précédant la création ou la reprise d'entreprise,
- effectuer les douze mois suivant la création ou la reprise d'entreprise au moins 455 heures
d'activité salariée.
Lorsque ces conditions sont respectées, le salarié-créateur est exonéré pendant 1 an des cotisations dues au titre de son activité indépendante d'assurance maladie-maternité, veuvage, vieillesse de base, invalidité/décès, et d'allocations familiales dans la limite d'un plafond de revenu ou de rémunération égal à 120 % du SMIC.
Pour obtenir cette exonération, le salarié-créateur doit adresser une demande d'exonération, par courrier simple, à chaque organisme social dont il relève au titre de son activité indépendante, accompagnée des justificatifs prouvant l'accomplissement des heures minimales d'activité salariée.
En savoir plus sur cette exonération
Particularité relative à l'assurance maladie-maternité
Si son activité principale est l'activité salariée, le salarié-créateur n'est pas soumis à la cotisation minimale forfaitaire normalement acquittée auprès de la caisse d'assurance maladie des non-salariés. Il cotise sur la base de ses revenus non-salariés réels même s'ils sont inférieurs à 40 % du plafond de la sécurité sociale.