Le service LISE Informations propose des fiches pratiques, une rubrique Questions/Réponses, et un annuaire qualifié des acteurs économiques et interlocuteurs, au niveau local et national.
> Accueil > CREER REPRENDRE > Témoignages > La coopérative d'activités Cesam Oxalis.
Patron ou salarié ? Travailler seul ou à plusieurs ? Etre autonome ou relié ? Et si ces alternatives radicales pouvaient se dissoudre dans un cadre de travail coopératif où serait substitué au « ou » exclusif un « et » unificateur : patron et salarié, travailler seul et à plusieurs, être autonome et relié... C'est ce que propose en Limousin depuis 2006 la coopérative d'activités Cesam Oxalis.
Une coopérative d'activités c'est d'abord un lieu d'expérimentation pour des entrepreneurs désireux de tester leur activité dans un cadre où ils ne seront pas seuls. A Cesam-Oxalis, on parle de « tester grandeur nature ». Le créateur bénéficie en effet d'un accompagnement individuel (administratif, comptabilité-gestion, financement...) et collectif (formations, séminaires, rencontres avec d'autres entrepreneurs...). « Le plus souvent, explique en effet Christophe Bellec, l'animateur de la coopérative basée à Eymoutiers (87), les gens ont besoin d'être épaulés sur l'administratif, la comptabilité et le commercial ». Au sein de la coopérative, ils trouveront un réseau à échelle humaine où, tout en restant maîtres à bord de leurs propres activités artisanale ou de services, ils pourront trouver des interlocuteurs attentifs, des conseils ou des coups de pouce que seule la fréquentation de la coopérative leur permet.
Mais une coopérative d'activités est bien plus qu'une simple couveuse qui verrait après une période d'essai s'envoler les oisillons qu'elle aura aidé à prendre leur envol. La coopérative propose au-delà de cette période de démarrage, que le créateur demeure en son sein en tant qu'entrepreneur salarié : au lieu de s'immatriculer comme indépendant, il bénéficie du cadre collectif et du régime de protection sociale d'un salarié classique. Au bout de trois années, il a même l'obligation de devenir associé en prenant des parts sociales dans le capital de l'entreprise. Les avantages d'un réseau et les personnes qu'on y rencontre peuvent en effet déboucher sur des partenariats ou des alliances qu'on n'aurait jamais pu nouer en solitaire. Ainsi deux entrepreneurs de la coopérative ont pu décrocher un marché public important en associant leurs compétences dans des domaines très différents.
A un niveau plus vaste géographiquement, des « groupes métiers » se mettent en place pour réunir dans une même démarche des professionnels d'un même domaine, ce qui dynamise les échanges techniques mais aussi commerciaux. Certains groupes métier peuvent aller jusqu'à avoir une entité propre dans la coopérative (projets bien avancés pour les professionnels de l'audiovisuel, ainsi que ceux de la formation).
Cesam Oxalis est en effet l'antenne limousine de la Scop Oxalis
originaire de Rhône-Alpes mais qui a essaimé depuis dans de nombreuses régions en France (Auvergne, Poitou-Charentes, Bretagne, Aquitaine et... Limousin) et elle bénéficie ainsi, au-delà de son cercle régional, de la ressource que représentent les autres entrepreneurs de l'ensemble de la coopérative : environ 130 à ce jour. Une sorte de réseau intermédiaire entre Cesam et le réseau national Copéa
auquel appartient Oxalis, un réseau qui regroupe un peu plus de vingt coopératives d'activités et d'emploi en France.
En Limousin ils sont treize entrepreneurs salariés actuellement. Lorsqu'on arrive à Cesam avec une idée ou un désir d'activité suite à une réunion collective comme en organise une à deux fois par mois Christophe Bellec, un entretien individuel permet de clarifier son projet. Dans un premier temps le porteur du projet signe avec Cesam un CAPE (Contrat d'appui au projet d'entreprise) qui lui permet de conserver son statut social précédent. S'il en bénéficie, il conserve également l'intégralité de ses allocations durant cette phase ce qui permet un démarrage plus progressif et serein sur le plan financier. Une fois le CAPE terminé, l'entrepreneur signe un CDI avec la coopérative et devient « entrepreneur-salarié » à part entière. Pour financer la structure il verse 15% de sa marge brute (Chiffre d'affaires moins les achats de matière, matériel et fournitures), avec un système plancher de 50€ par mois la première année et de 100€ la deuxième.
La coopérative n'est pas faite que pour ceux qui démarrent leur activité. Elle peut également concerner des entreprises déjà créées sous d'autres statuts (micro-entreprise, entreprise individuelle, indépendant, auto-entrepreneur...) qui font alors le choix de changer de statut. C'est ce qu'explique une des associées de la coopérative : « J'ai exercé 8 ans mon activité en profession libérale. Je me sentais très isolée. Dans la coopérative j'ai trouvé un statut plus stable et plus sécurisant et les joies d'une aventure collective. Tout ça sans perdre mon indépendance ! »
En savoir plus : voir notre fiche sur les Coopératives d’activités et d'emploi
Contact : Cesam Oxalis
, Christophe Bellec
2 avenue Foch 87120 Eymoutiers.
Tél : 05 87 50 13 84, 06 84 95 66 65 – cesam.oxalis@oxalis-scop.org