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Source :
Région Limousin / Rédaction La Navette
Date de mise à jour : 07/01/2011
Elles sont deux en Limousin. Leur nombre devrait tripler d'ici peu si les quatre nouveaux projets actuellement en constitution arrivent à terme. Sur fond de Grenelle et de préoccupations environnementales, les ressourceries ont le vent en poupe. Ou comment des militants anti-déchets deviennent des entrepreneurs du réemploi.
Trois pommes croquées à l'envers : un trognon qui redevient fruit tout entier (et qui n'est autre que notre bon vieux globe terrestre) : voici le logo du Monde allant vers... http://www.lemondeallantvers.org/ qui est à lui seul tout un programme. La ressourcerie d'Eymoutiers (Haute-Vienne) créée en 2002 est l'une des deux entreprises du genre actuellement en activité en Limousin. La seconde, Maximum, est implantée plus au nord dans le département, à Mailhac-sur-Benaize. C'est aussi la plus ancienne, puisque le projet est né en 1991. A l'époque on ne parlait pas encore de « ressourcerie » selon la belle expression qui transfigure le déchet en ressource et considère qu'il peut avoir une seconde, voire une troisième vie.
Une ressourcerie en effet n'a rien à voir avec une déchetterie. Là où les objets mis au rebut vont au mieux être dirigés vers des filières de recyclage (fer, papiers et cartons, verre, etc.), les ressourceries préfèrent la voie du réemploi. Elles récupèrent des objets délaissés, cassés, abandonnés dont leurs propriétaires ne veulent plus. Elles les démontent, les réparent, les nettoient et les remettent en vente dans leurs boutiques. Mais, tout comme elles ne sont pas des déchetteries, les ressourceries ne sont pas davantage des brocantes ou des antiquaires. Tous les objets qu'elles récupèrent, indépendamment de leur valeur, sont réintégrés dans le circuit, souvent à un prix attractif. Vaisselle, électro-ménager, vélos, vêtements (sous le poids desquels les magasins croulent vite !), bibelots, livres, outils, meubles... rien n'est écarté d'office dès lors que son usage est encore possible. Parfois avec trois réveil-matin, on peut en faire un qui fonctionne bien et on n'en enverra que deux au recyclage, ultime et dernière solution pour les objets non récupérables qu'il faut néanmoins désosser et trier selon les matières.
Les ressourceries sont regroupées dans un réseau national http://www.ressourcerie.fr/reseau/ dont une charte http://ressourcerie.fr/reseau/public/charte.pdf définit les grands principes : développer une économie solidaire, coopérer dans la transparence et agir pour l'environnement. On y retrouve également cette hiérarchie revendiquée dans la gestion du déchet : réemploi ou réutilisation d'abord, recyclage ensuite, destruction en toute dernière solution. Mais la meilleure réponse est encore ailleurs comme le dit bien Bernard Verdonck, le président du Réseau des ressourceries : « Un bon déchet reste un déchet que l'on ne produit pas. C'est pourquoi les ressourceries mettent en place des actions de sensibilisation et d'éducation à l'environnement. L'adoption par tous de gestes éco-citoyens et le partage de bonnes pratiques dans des espaces de convivialité restent les moyens d'agir les plus concrets pour notre planète. » D'où les multiples fonctions de ce nouveau métier de « ressourceur » (osons le barbarisme) où l'on peut le lundi collecter des encombrants avec le camion, le mardi trier des fripes, le mercredi tenir la caisse du magasin et le jeudi intervenir dans une école pour expliquer aux enfants comment consommer de façon plus responsable.
En Limousin, le mouvement semble devoir prendre de l'ampleur. Actuellement quatre nouveaux projets sont en cours d'élaboration. Celui porté par l'association « Court circuit », créée le 13 février dernier à Felletin (Creuse) semble le plus avancé. Une étude de faisabilité est en cours et si tout se passe bien le magasin pourrait ouvrir à l'automne. En Corrèze trois projets sont en germination, un sur Ussel et un sur Meyssac, mais c'est celui porté par l'association « Vers la ressourcerie », créée le 9 décembre 2009, à Tulle, qui pourrait déboucher le premier. Soutenu par diverses associations et porté par un collectif d'une douzaine de personnes il devrait voir le jour en 2011. Dans ce mouvement l'effet d'entraînement du réseau joue à plein et ce n'est pas par hasard que le promoteur de « Court circuit » est d'abord passé par Le monde allant vers... Un processus que cette dernière a elle-même connu puisque ses initiateurs sont d'anciens salariés de la pionnière du mouvement en France : les Ateliers de la Bergerette , installés à Beauvais, dans l'Oise, depuis les années 1980 et initiatrice en 2000 du réseau national. Celui-ci porte du reste une attention particulière aux nouveaux projets qui naissent ici ou là, entre autres en organisant des formations dont le titre précise bien l'intention : « Créer une ressourcerie ».