Le service LISE Informations propose des fiches pratiques, une rubrique Questions/Réponses, et un annuaire qualifié des acteurs économiques et interlocuteurs, au niveau local et national.
> Accueil > DEVELOPPER > Développement Durable > La responsabilité sociétale des entreprises (RSE)
Source :
Région Limousin / Rédaction La Navette
Date de mise à jour : 07/01/2011
« Sociétale », plutôt que « sociale », est le terme couramment admis, qui inclut le développement durable dans les nouvelles préoccupations des entrepreneurs, y compris les PME.
Ce concept, encore en débat mais omniprésent, traduit un certain consensus sur les orientations de la vie économique, encouragée à prendre en compte des paramètres... non strictement économiques. Si l'on en croit les principes affichés, c'en est fini de la maxime de Milton Friedman de l'École de Chicago selon laquelle « le principal objectif des entreprises est de maximiser les retours pour les actionnaires en obéissant aux lois des pays dans lesquels elles sont établies ».
En effet, obéir aux lois ne suffit pas pour se reconnaître de la RSE. Si celle-ci participe de la libre détermination des entreprises, on ne leur demande pas moins d'« aller au-delà (des obligations) et investir "davantage" dans le capital humain, l'environnement ». Afin de contribuer à l'amélioration de la société, les chefs d'entreprises sont donc encouragés à appliquer dans leur activité un ensemble de 10 valeurs fondamentales, décrites dans le Pacte mondial de 1999 . Ces valeurs sont directement inspirées de la Déclaration des droits de l'homme, de celle relative aux principes et droits fondamentaux du travail, de l'Organisation internationale du travail, de la Déclaration de Rio sur l'environnement et de la Convention des Nations unies contre la corruption.
Il s'agit de concilier intérêts économiques et dimensions sociale et environnementale. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la « triple approche » de la RSE : rentabilité, équilibres sociaux, préservation des ressources. Certains n'hésitent pas à parler de « moralisation de la sphère économique ».
Cette démarche englobe les investissements eux-mêmes. C'est ainsi que l'investissement socialement responsable (ISR) désigne une gestion de fonds intégrant des paramètres d'ordre social ou environnemental et il est attendu des entreprises qu'elles rendent compte, dans leurs rapports de gestion, de la manière dont elles gèrent les conséquences sociales et environnementales de leur activité. En France, il existe même une loi allant dans ce sens, la loi dite NRE du 15 mai 2001
, relative aux nouvelles régulations économiques, qui concerne les sociétés cotées sur les marchés réglementés.
Le Global Reporting Initiative (GRI) , créé fin 1997, propose un référentiel d'indicateurs qui permet de mesurer l'avancement des programmes de développement durable des entreprises. D'abord sous l'égide du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), aujourd'hui indépendant, le GRI comprend plus de 5 000 membres. En 2001, s'est créé l'Observatoire sur la Responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) , dont le but principal est de collecter, d’analyser et de diffuser l'information relative à la RSE. D'autre part, diverses tentatives de normalisation apparaissent. L’association française de normalisation (AFNOR) a ainsi publié en 2003 le fascicule de documentation SD 21000 intitulé Guide pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans la stratégie et le management de l’entreprise , qui se veut une aide à la réflexion pour la mise en place de stratégies. Suite à la conférence de Stockholm en juin 2004, l'ISO a engagé des travaux, qui ont abouti entre autres à la norme ISO 26000 intégrant certains principes des normes de qualité ISO 9000, des normes de management de l’environnement ISO 14001, et des normes de l’Organisation internationale du travail (OIT).
S'engager dans une démarche de RSE peut paraître complexe et il est bon de se faire accompagner. Pour cela on peut faire appel à l'AFNOR Certification qui propose des prestations telles que l' AFAQ 1000NR . C'est une évaluation de l'intégration des principes du dévelopement durable, et ce, quelque soit le degré d'avancement des démarches de l'entreprise. Le bilan remis en fin d'évaluation est un outil de pilotage qui permet d'ajuster la stratégie de fonctionnement de la structure. AFAQ 1000NR est compatible avec les démarches de progrès déjà menées : Qualité (ISO 9001), Sécurité (ILO-OSH, OHSAS 18001) et Environnement (ISO 14001) ou des démarches EFQM (Fondation Européenne pour la Qualité du Management) (7). L'Ademe est aussi un interlocuteur de choix pour des conseils, expertises, formations, informations... et peut donner accès à des aides financières. Enfin, pour ancrer plus fortement ses politiques dans la perspective d’un développement durable du Territoire, le Conseil Régional a décidé en 2006 de fonder son intervention sur une modulation des aides économiques en fonction de critères sociaux, environnementaux, économiques et citoyens. La Région souhaite ainsi encourager les entreprises qui, au delà de la production de richesses économiques, cherchent à être facteur de cohésion des territoires en mettant l’humain au cœur du projet d’entreprise.