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Le développement durable c'est pas de la tarte !

Source : Région Limousin / Rédaction La Navette
Date de mise à jour : 04/04/2011

« Le développement durable c'est un peu la tarte à la crème. C'est comme auparavant l'innovation qui était le fil à couper le beurre ! » Jacques Brunet, président de la SAS Pâtisseries des comtes de la Marche a des expressions très directes (et très patissières !) pour parler de concepts dont beaucoup de monde se gargarise. Ce n'est pourtant pas pour les dénigrer, mais plutôt pour leur donner une dimension plus large que celle dans laquelle on les cantonne souvent. « Je trouve que c'est réduire le développement durable que de le réduire à des préoccupations uniquement environnementales. Les certifications en la matière sont en effet essentiellement axées sur des critères environnementaux. Pour moi ce n'est pas que cela ! Le développement durable c'est aussi le social et l'économique et l'intérêt du consortium LED (Limousin entreprises durables) c'est que nous y avons une vision large du développement durable. » Une vision qui pour Jacques Brunet est en harmonie avec sa région. « Je reçois régulièrement des publicités d'autres régions ou d'autres départements qui mettent en avant leurs atouts pour m'inciter à délocaliser chez eux. Mais peu ont une qualité de main-d’œuvre et un environnement comme le nôtre. C'est ce que nous devons valoriser dans une démarche de développement durable ! »

De l'artisan pâtissier à la pâtisserie industrielle

Après avoir été artisan pâtissier avec 4 salariés et des week-ends de 35 à 38 heures de travail, Jacques Brunet a vendu son affaire. Mais avec son âme d'entrepreneur, il s'est vite « ennuyé » et il créé en 2000 les Pâtisseries des comtes de la Marche avec la volonté de proposer des produits de conception artisanale de qualité dans la grande distribution. Aujourd'hui son entreprise installée près de Gouzon au bord de la nationale 145 emploie 60 salariés et vend dans toute la France et même à l'étranger vers l'Allemagne. Sollicité par Limousin Expansion pour rejoindre le consortium LED, Jacques Brunet a tout de suite répondu présent. Sur les 14 entreprises qui forment aujourd'hui le consortium, les Pâtisseries des comtes de la Marche est la seule entreprise creusoise, la seule également du secteur de l'agro-alimentaire. « J'en connaissais déjà quelques-uns mais pour la plupart des autres membres de LED, j'ai découvert des entreprises très diverses en taille comme en secteurs d'activités : de trois salariés à des milliers comme à la SNCF, des fabricants de cosmétiques comme un fabricant de tonneaux ! Et c'est bien cette diversité qui rend cette expérience très intéressante. »

Un lieu d'échanges

Michel Ayroulet, de la société corrézienne SILAB , une des entreprises pionnières de l'histoire de LED, abonde : « Nous attendons de ce consortium un vrai partage d'expériences, d'idées et de bonnes pratiques quels que soient la taille ou le secteur de chaque adhérent. » La première étape pour une entreprise qui rejoint le consortium est de réaliser un « auto-audit ». Aux Pâtisseries des comtes de la Marche, cette démarche a été l'occasion de toucher du doigt les améliorations qui restaient à faire en matière de développement durable. « Nous avions fait de gros investissements au niveau des eaux usées et de l'environnement et nous pensions avoir atteint de hauts niveaux de performances. Si c'est bien le cas sur ces domaines, nous nous sommes aperçus aussi que nous n'étions pas particulièrement bon sur un tas de petites choses. Par exemple, nous trions à l'intérieur de l'entreprise les big bag dans lequel nous recevons le sucre, les bidons, les matières organiques, les graisses, le papier, etc. Or en réalité, tout part ensuite dans la même benne ! Prenant conscience de cela nous essayons de prendre nous-mêmes en charge le recyclage de tous ces déchets. » Et c'est ainsi qu'une coopérative agricole voisine va reprendre les big bag et qu'un agriculteur qui fait de la méthanisation va récupérer tous les déchets organiques de la pâtisserie. Du coup, explique Jacques Brunet, « sur cette problématique des déchets et du recyclage, le consortium pourra s'appuyer sur mon expérience, comme je pourrai moi, m'appuyer sur d'autres entreprises pour d'autres aspects. »

Consolidation

Le consortium est aujourd'hui en phase de consolidation. Après l'étape de l'auto-audit, les entreprises vont s'auditer entre elles. « Il y a parmi nous des entreprises qui s'occupent de dépollution, et c'est très intéressant d'échanger avec elles en dehors d'une simple relation de client et de prestataire. » Se construit donc aujourd'hui à quatorze une véritable démarche collective autour du développement durable qui passe par le partage d'expériences et la confiance : « On n'est pas du tout sur les mêmes productions, mais on a forcément besoin un jour les uns des autres. »

Contact Région Limousin

Sylvie CHAPPELET  - Tél 05 55 45 19 60


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