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Source :
Ministère de l'Ecologie, du Développement durable, des transports et du logement
Date de mise à jour : 07/09/2011
La France, comme la plupart des pays européens, connaît souvent pendant la période estivale des épisodes de pollution par l'ozone touchant une large partie du territoire. Trois épisodes importants ont déjà marqué l'été 2003, en juin, entre le 10 et le 25 juillet et début août, du fait de conditions météorologiques particulièrement favorables à la formation d'ozone (températures élevées, anticyclone, peu de vent).
Plusieurs dépassements du seuil d'information du public (180 µg/m3 ) ont été constatés dans de très nombreuses régions : Nord, Est, Rhône-Alpes, Sud-Ouest, Sud-Est et région parisienne. Le maximum enregistré est de 417 µg/m3 sur l'étang de Berre. Le niveau maximal enregistré en 2003 en région parisienne, près de 300 µg/m3 , reste inférieur au record historique de cette région (340 µg/m3 en août 1998).
L'ozone est un indicateur de la pollution photo-oxydante. Il résulte de réactions chimiques, sous l'effet de la lumière solaire, entre plusieurs polluants précurseurs. Ce sont principalement les oxydes d'azote et des produits variés appelés composés organiques volatils (hydrocarbures, solvants...).
Les sources identifiées d'émissions d'oxydes d'azote sont les combustions d'énergie fossile : parmi ces sources, en 2008, les oxydes d'azote étaient principalement émis par le transport routier, responsable d'environ 52 % des émissions. Le secteur de l'agriculture / sylviculture (14 %), l'industrie manufacturière (12 %). La transformation d'énergie et le résidentiel / tertiaire avec chacun 8 % des émissions restent des sources non négligeables. (source CITEPA inventaire SECTEN avril 2010) .
En 2008, les principaux secteurs émetteurs des composés organiques volatils sont : le résidentiel / tertiaire (31 %), l'industrie manufacturière (31 %), les transports routiers (15 %) et le secteur de l'agriculture / sylviculture (15 %). (source CITEPA inventaire SECTEN avril 2010).
Les phénomènes de formation de l'ozone sont complexes et s'analysent d'abord à une échelle très grande (les précurseurs sont parfois transportés par les masses d'air sur plusieurs centaines de kilomètres). En pratique:
Les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques et les insuffisants respiratoires sont particulièrement sensibles à la pollution par l'ozone. Les conséquences pour la santé varient selon le niveau d'exposition, le volume d'air inhalé et la durée de l'exposition. Plusieurs manifestations sont possibles : toux, inconfort thoracique, gêne douloureuse en cas d'inspiration profonde, mais aussi essoufflement, irritation nasale, oculaire et de la gorge. Les effets varient selon les individus et l’état de santé.
L’ozone a un effet néfaste sur la végétation (le rendement des cultures par exemple) et accélère la dégradation de certains matériaux comme le caoutchouc sur lequel il provoque des craquelures. L’ozone contribue à l’effet de serre.
Plusieurs mesures ont été décidées, au plan tant national que communautaire, en vue d'améliorer la qualité de l'air, notamment au travers de la réduction des émissions des principaux polluants précurseurs.
Ces mesures sont de natures diverses :
En ce qui concerne le transport automobile, les normes européennes dites " Auto-Oil " vont réduire de moitié environ les émissions polluantes des véhicules neufs à partir de 2005-2006 (étape dite " Euro IV "). La prochaine étape de sévérisation des normes devrait intervenir à l'horizon 2010 : son contenu fait l'objet d'un travail de coopération franco-allemand.
Les trente-trois associations agréées de surveillance de la qualité de l'air sont rassemblées au sein de la fédération ATMO www.atmofrance.org regroupant l'État, les collectivités locales, les industriels et les associations de protection de l'environnement ou personnalités qualifiées, vous informent en permanence des concentrations d'ozone mesurées. 441 capteurs d'ozone sont aujourd'hui présents sur le territoire national. Des prévisions, des observations en temps réel et des cartographies de qualité de l'air sont disponibles sur le site PREV'Air. www.prevair.org
Deux niveaux réglementaires sont définis par le décret français n° 2003-1085 du 12 novembre 2003 portant transposition de la directive 2002/3/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2002 et modifiant le décret n° 98-360 du 6 mai 1998 relatif à la surveillance de la qualité de l'air et de ses effets sur la santé et sur l'environnement, aux objectifs de qualité de l'air, aux seuils d'alerte et aux valeurs limites.
Le seuil d'alerte pour la mise en oeuvre progressive des mesures d'urgnce est fixé :
Le seuil d'information et de recommandation est fixé à 180 µg/m3 en moyenne horaire.
Dans l'attente, il convient de mettre en place, chaque fois que nécessaire des mesures temporaires de réduction des émissions des sources fixes et/ou mobiles selon la zone concernée.
Néanmoins, les résultats des plus récentes études réalisées tant en France qu'à l'étranger incitent à la plus grande prudence dans l'utilisation des mesures de réduction des émissions à court terme, dont l'efficacité sur les niveaux de concentration d'ozone est extrêmement incertaine, et dépend très largement de la nature de l'épisode de pollution et des concentrations relatives des deux grandes classes de polluants précurseurs.
Les mesures mises en œuvre doivent donc :
En cas d'épisode de pollution par l'ozone, atteignant 180 µg/m3 en moyenne horaire, les pouvoirs publics informent de la situation. Ils diffusent des recommandations à l'attention des personnes sensibles, recommandent la mise en oeuvre de mesures destinées à la limitation des émissions d'origine à la fois automobile, industrielle, artisanale et domestique.
En cas de dépassement ou de risque de dépassement de 240 µg/m3
en moyenne horaire pendant trois heures consécutives, les pouvoirs publics informent de la situation et prennent des mesures pour réduire les rejets polluants précurseurs à l'origine de l'ozone.