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> Accueil > RESSOURCES HUMAINES > Licenciement préretraite > La procédure en cas de licenciement pour motif économique d’au moins 10 salariés
Source :
Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé
Date de mise à jour : 29/03/2012
Lorsque l'entreprise est pourvue de représentants du personnel, l'employeur est tenu de les informer et de les consulter sur tout projet de restructuration et de compression des effectifs et sur le projet de licenciement économique.
Des accords d'entreprise, de groupe ou de branche (accords dits de « méthode ») peuvent définir : des modalités particulières d'information et de consultation du comité d'entreprise ; les conditions dans lesquelles le plan de sauvegarde de l'emploi peut faire l'objet d'un accord collectif.
L'employeur informe les délégués du personnel sur le projet de licenciement et notamment sur :
Cette information précède les deux réunions que l'employeur doit organiser, à 14 jours d'intervalle au plus, avec les délégués du personnel. Ceux-ci émettent un avis sur le projet de licenciement collectif et sur les mesures sociales d'accompagnement des licenciements envisagées.
Le comité d'entreprise est consulté, au cours de deux réunions, sur les licenciements projetés et sur le plan de sauvegarde de l'emploi que l'employeur doit établir et mettre en œuvre. Le délai entre les deux réunions varie selon l'importance des licenciements :
Lors de ces réunions, le comité d'entreprise (ou à défaut les délégués du personnel) est informé notamment sur :
Les consultations sur le projet économique et sur le plan de sauvegarde de l'emploi peuvent être menées concomitamment sous réserves de délais plus favorables.
Le nombre des réunions est porté à 3 si le comité d'entreprise décide de faire appel à un expert-comptable pour l'aider à analyser la situation de l'entreprise. La première réunion est alors consacrée à la désignation de cet expert-comptable. Les délais entre la deuxième et la troisième réunion sont ceux indiqués ci-dessus.
Lorsque le licenciement pour motif économique est soumis à la procédure d'information et de consultation des représentants du personnel, l'employeur doit remettre aux salariés concernés par le projet de licenciement économique, contre récépissé, le document d'information sur le contrat de sécurisation professionnelle (CSP ). Cette remise doit avoir lieu à l'issue de la dernière réunion du comité d 'entreprise ou des délégués du personnel. On rappelle que le CSP est applicable dans les entreprises qui ne sont pas soumises au dispositif du congé de reclassement (entreprises dont l'effectif tous établissements confondus est inférieur à 1000 salariés ou entreprises en redressement ou liquidation judiciaire, quel que soit leur effectif).
Les salariés dont le licenciement est envisagé sont convoqués à un entretien préalable.
Chaque salarié est convoqué par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge.
Cette lettre précise l'objet de l'entretien et la possibilité, pour le salarié, d'être assisté par une personne de son choix appartenant à l'entreprise ou par un conseiller extérieur.
La liste des conseillers du salarié est disponible auprès de la mairie, de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) ou de l'inspection du travail
L'entretien a lieu, au plus tôt, 5 jours ouvrables après la présentation au salarié de la lettre recommandée de convocation ou de sa remise en main propre. L'employeur explique le motif du licenciement et les critères de son choix. Lors de cet entretien, l'employeur doit également :
La lettre de licenciement doit mentionner :
Au(x) salarié(s) qui le demande(nt) par écrit, l'employeur communique les critères retenus pour fixer l'ordre des licenciements.
Dans la lettre de licenciement, l'employeur informe le salarié, s'il y a lieu, de ses droits en matière de droit individuel à la formation (DIF) ; selon la Cour de cassation (par exemple, arrêt de la Chambre sociale du 17 février 2010), le manquement de l'employeur à son obligation d'informer le salarié qu'il licencie de ses droits en matière de DIF lui cause nécessairement un préjudice dont il appartient aux juges du fond d'apprécier souverainement le montant. Cette information comprend les droits visés à l'article L. 6323-17 du Code du travail et, dans les cas de licenciements visés à l'article L. 1233-66 du code du travail (employeur tenu de proposer un contrat de sécurisation professionnelle - CSP - aux salariés dont il envisage le licenciement économique), les droits du salarié en matière de DIF définis par l'article L. 1233-67 du code du travail .
L'employeur envoie la lettre de licenciement par lettre recommandée avec avis de réception. Le délai qui doit s'écouler entre la notification du projet à l'Administration et la notification du licenciement au salarié varie selon le nombre des licenciements :
Ces délais s'appliquent également à la notification de licenciements dans les entreprises pourvues de comité d'entreprise ou de délégués du personnel.
Les salariés concernés par le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) disposent, à compter de la remise par l'employeur du document d'information relatif à ce contrat, d'un délai de 21 jours pour faire connaître leur réponse à cette proposition. Lorsque à la date prévue pour l'envoi de la lettre de licenciement, ce délai de réflexion de 21 jours ne sera pas expiré, ce qui sera le cas pour les procédures de licenciement d'au moins 10 salariés, l'employeur devra adresser à chaque salarié concerné une lettre recommandée avec demande d'avis de réception :
La Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) dont dépend l'entreprise ou l'établissement concerné suit, dès l'énoncé du projet de licenciement, le déroulement de la procédure. Elle peut également présenter toute proposition tendant à compléter ou modifier le plan de sauvegarde de l'emploi élaboré par l'employeur.
Si, au cours de la première réunion, le comité d'entreprise a décidé le recours à un expert-comptable, l'employeur doit en informer la DIRECCTE.
L'Administration ne contrôle pas la réalité du motif économique des licenciements mais vérifie :
La DIRECCTE peut présenter toute proposition pour compléter ou modifier le plan de sauvegarde de l'emploi, en tenant compte de la situation économique de l'entreprise. Ces propositions sont formulées avant la dernière réunion du comité d'entreprise ; elles sont communiquées à l'employeur et au comité d'entreprise ou aux délégués du personnel. En l'absence de comité d'entreprise ou de délégués du personnel, elles sont portées à la connaissance des salariés par voie d'affichage sur les lieux de travail ainsi que la réponse motivée de l'employeur à ces propositions, qu'il adresse à l'autorité administrative compétente.
Seul le conseil de prud'hommes est compétent pour trancher les litiges en matière de licenciement pour motif économique. Il lui appartient, en particulier, de contrôler le caractère économique du motif invoqué pour justifier les licenciements.
Les organisations syndicales peuvent, sauf si le salarié s'y oppose, exercer en justice toute action relative au licenciement pour motif économique.
L'employeur risque des sanctions civiles ou pénales en cas d'irrégularités dans la procédure de consultation des représentants du personnel et d'information de l'Administration.
En outre, des versements au profit du régime d'assurance chômage sont prévus en cas de :
Enfin les préjudices subis par les salariés ouvrent droit à différentes indemnités et notamment pour :
Des sanctions sont prévues à l'encontre de l'employeur en cas d'irrégularités dans la procédure de consultation des représentants du personnel et d'information de l'Administration.